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L'Islam, La modernité et l’occident Prof. Tazi Saoud Abdelwahab, Recteur de l'Université Karaouiyine
L'Islam, religion monothéiste par excellence, habite depuis des siècles différentes regions du monde, pratiquée par les sociétés les plus diverses pour qui, il demeure l'héritage vivant de la communauté qui se dévoue sans faille à un Dieu unique, transcendant.
Le monde islamique regroupe ainsi des peuples et des états différents; arabes et non - arabes, blancs, noirs et asiatiques, égaux devant Dieu; ils ne se surpassent que par la force de leur foi et les scrupules qu'ils permettent à observer les prescriptions de la religion, enseignées par le Coran qui constitue l’édifice principal et la première référence de la religion ; bien qu'il ne soit pas exclu pour toute question opposant les musulmans, si la référence au texte fait défaut, la Sunna, dits et faits du Prophète, explicite ce qui est implicite ou peut prêter à équivoque, spécifie ce qui est général; renforcée en cela par un formidable effort d'interprétation (Ijtihad), régi lui aussi par des règles strictes et soumis à des critères précis; effort sans lequel les sociétés musulmanes auraient été effectivement frappées d'immobilisme, et depuis longtemps condamnées à l'isolement et à la sclérose atrophiante.
Le Prophète de 1’Islam Sidna Mohamed a accompli dans ce domaine, l'oeuvre grandiose d'un message inspiré, et double d'un organisateur dont la vie est l'exemple parfait d’humilité, de générosité, de sacrifice, de tolérance incomparables; bref un homme pourvu de toutes les qualités qu'il ait plu à Dieu d'octroyer à l'un de ses élus.
Au XIX et XX siècles, les musulmans ont déployé des efforts extraordinaires dans des mouvements multiples, pour essayer de restaurer, de moderniser, d'adapter et d'intégrer la société et la pensée musulmanes aux impératifs de la vie moderne, afin de les mettre en conformité, tant que possible avec les exigences d'un monde, en mouvement continu, en changement ininterrompu.
La société musulmane continue d'affronter, aujourd'hui, de considérables défis; d'un coté la modernité avec le progrès scientifique et technologique triomphant, de l'autre, la crise des valeurs morales, des croyances et des fondements spirituels.
Les assauts de la modernité ont été à l'origine d'un bouleversement profond, ils ont imposé des modes de vie inconnus jusqu'alors; l'ordre ancien étant fortement malmené et dérangé aussi bien sur le plan matériel que sur celui de la culture et de la religion même.
La modernité qui se définit à la fois par rapport au passé, révolu, avec ses traditions, ses coutumes, ses mentalités, ses positions et ses visions propres, et par rapport au futur auquel s'attachent le progrès, la science, la technologie et toutes sortes d'ouverture et de changement, exige de pratiquer de nouveaux modes de pensée pour profiter efficacement de la culture et de la science actuelles.
I1 s'agit de savoir comment aménager une transformation créatrice dans l'invariance et de réactiver la pensée islamique en l'ouvrant aux connaissances positives d'aujourd'hui avec lesquelles elle ne devrait pas rester en divorce, et, ce par l'effort d'interprétation qui a toujours constitué un cadre enrichissant pour la culture et la science islamiques.
L'ouverture religieuse est par nature délicate et difficile. La religion étant un ensemble organisé, avec ses dogmes, son rituel, son eschatologie, rien ne peut en être supprimé sous peine de la défigurer ou de créer une religion nouvelle.
La pensée religieuse n'obéit pas à la même logique que la pensée scientifique, elle apparaît quelquefois, à ceux qui ne la pratiquent pas, confuse, étrange, primitive et contradictoire.
Les musulmans, en même temps qu'ils cherchent à réconcilier l'Islam avec le monde moderne et évitant le sécularisme agressif dans lequel baignent les sociétés occidentales, essayent de protéger leur identité collective qui constitue l'enracinement, la continuité et l'authenticité de leur existence.
Ils ne craignent pas le renouvellement scientifique et matériel, mais ils refusent certaines de leurs implicatrons déstabilisatrices de la culture et de la pensée en général. Ils ne peuvent accepter l'idée que la modernité est en contradiction avec la religion; à l'idée que l'occident n'a réussi que lorsqu'il a rejeté toutes les certitudes anciennes et surtout religieuses, comme certains le prétendent; on répond que malgré tout, la civilisation occidentale est le produit de la philosophie grecque, de la loi romaine et de la religion chrétienne qui y occupe une place prépondérante.
Toute restauration est acceptée quand elle ne remet pas en cause les fondements du dogme et de la foi; les innovations impies qui ne reposent pas sur des bases sûres en matière de religion, sont rejetées.
On reproche aux musulmans, le regain de vigueur des pratiques religieuses; le retour abusif du sacré dans la vie quotidienne; l'insertion, en quelque sorte, du transcendal dans l'immanence; l'Islam étant considéré comme un ordre globale qui porte sur tous les aspects temporels et spirituels de la vie en conséquence, les musulmans essaient ainsi de vivre dans un monde régi par la technologie envahissante, avec des comportements inspirés d'une éthique révélée propre aux sociétés traditionnelles basées sur les valeurs (passéistes!) enseignées par la religion.
On sait que la rencontre de l'Islam et de l'Occident a eu lieu depuis longtemps sous différents aspects culturel, spirituel, économique, paisible et conflictuel.
Le monde de l'Islam a rencontré la philosophie occidentale au moyen âge une première fois déjà à; les grands penseurs musulmans ont traduit et assimilé la pensée grecque qu'ils ont favorablement accueillie et adaptée à l’usage de L'Islam; répondant ainsi à l'aspiration au renouveau de la société islamique en développement et tendant dans son expansion vers l'universel.
Ainsi, nous voyons que l'Islam en général, hier comme aujourd'hui, ne se veut aucunement conservateur, figé et replié sur lui-même; les musulmans déploient des efforts immenses pour réactualiser, réinterpréter et ordonner le droit islamique sans altérer l'esprit et la philosophie qui le fondent; car la modernité n'est pas synonyme de laxisme, d'acculturation et d'alignement inconditionnel sur les modèles étrangers, à une identité culturelle et religieuse importée.
D'un autre côté, nous constatons malheureusement aujourd'hui, que les rapports de l'Islam à l'Occident portent, quelquefois, les signes d'une violente confrontation; l'Islam selon certains, ne peut être que contre la modernité; intégriste, fondamentaliste et contraire à l'esprit scientifique, tant que les musulmans n'acceptent pas de se conformer complètement au modèle occidental qui représente l'exemple achevé et unique de perfection culturelle et civilisationnelle.
L'Islam est peut-être aussi coupable, à leurs yeux, de vouloir construire et proposer un modèle de société différent, en concurrence avec celui connu par l'Occident.
Les musulmans qui veulent distinguer la modernité matérielle de la modernité intellectuelle et surtout religieuse, oeuvrent dans le sens de réconcilier leur religion, leur culture, et leur pensée avec la vie moderne, se plaignent de l'agression. générale qu'ils subissent ainsi dans tous les domaines spirituel, politique, social, économique et autres. Et c'est alors que l'Islam devient, pour certains le refuge, dans la lutte pour la sauvegarde de l'identité en général, et de l'islamique propre en particulier.
Certains groupes qu'on qualifie d’islamistes, (bien que leur action violante soit contraire aux principes de l'Islam et reniée par l'ensemble des pays musulmans), ont développé la crainte de l'Islam dans les milieux occidentaux, et remplacé l'obsession du danger communiste qui a toujours inquiété l'Occident; certains théoriciens ont même commencé à parler du péril islamique que pourtant rien se justifie.
Mais à quoi renvoie l'Islam dans les esprits aujourd'hui? Les réponses ne sauraient être que nombreuses et variées selon les intérêts et la multiplicité des points de vue : aux Etats arabes ou non-arabes, dont l'Islam est la religion officielle? aux régimes politiques qui les sous-tendent? à l'histoire pour beaucoup "bloquée " d'une religion à la fois proche et lointaine? aux populations musulmanes en émigration? enfin à cette représentation relativement répandue d'une religion conquérante et dangereuse?
Cette vision irrationnelle occulte la réalité propre à l'Islam, et ses dimensions historiques, culturelles et philosophiques par une interprétation étriquée qui ne voit en lui qu'un système cultuel, un ensemble de croyances et de pratiques figées, génératrices de conduites sociales stéréotypées et pratiquées par les fidèles et d'une agressivité qu'il faut contenir.
Comprendre de la sorte l'Islam nous parait dangereux, on ne peut réduire les individus à leur seule dimension communautaire, les contraindre à une identification avec la seule dimension confessionnelle, sans les engager dans la voie de l'intégrisme qui est celle des rejets et des exclusions.
Cette représentation de l'Islam peut évoluer dans deux voies : ou elle exacerbera de plus en plus les fantasmes, multipliera les formes d'exclusion, poussera à la défense, au repli, ou elle sera l'occasion de réviser ou vérifier l'universalité de ses valeurs fondamentales, de repenser le concept central de la‹cité par exemple; elle sera aussi l'occasion pour les musulmans de mesurer leur. aptitude à agir sur leur religion, pour l'adapter à un environnement étranger.
Notons à ce propos le décalage qui existe, en Occident, en matière de connaissance de l'Islam entre les deux sociétés, savante, minoritaire et sans véritable influence, et civile, majoritaire, soumise la plupart du temps à des influences étrangères à la recherche scientifique; la place réservée à l'Islam.
dans les programmes scolaires est loin de répondre aux interrogations suscitées par lui durant les années 80/90, aussi bien parmi les jeunes issus de l'émigration que parmi la population scolarisée d'origine européenne.
Pour revenir au discours savant, celui des anthropologues, sociologues, politologues, orientalistes et autres, nous constatons que, longtemps prisonnier de ses catégories analytiques, il a laissé échapper les vraies problèmes actuels de l'Islam européen à un moment où le consensus semble être fait à l'échelle mondiale sur le respect des minorités et la lutte contre les exclusions.
On ne peut malheureusement manquer à ce propos de constater que le discours orientaliste qui est un discours de l'Occident sur l'Orient destiné à l'Occident, est parfois perdu comme un acte agressif, par certains intellectuels musulmans qui se sentent très concernés par lui, étant l'objet de ses études; l'Occident lit l'Orient, interprète son passé, fait des recherches à son propos, sur son patrimoine et avance des jugements sur sa culture, sa civilisation et sa religion, en se servant de méthodes et d’instruments de recherche et d'investigation étrangers au contexte de l'Orient et de l'Islam.
C'est pour cela que les intellectuels, se trouvant mal à l'aise dans ces études, considèrent comme si elles visaient à les priver de leur histoire, de leur culture, de leurs illusions et de leur imaginaire; bref, un discours oppresseur qui viole et violente l'objet de l'étude.
Un esprit de méfiance, de polémique et d'incompréhension s'installe alors; tout discours occidental sur l'Islam et le monde islamique devient suspect et occasionne des contradictions et des critiques acerbes; la critique constructive ne doit pas voir seulement les faiblesses et s'ingénier à montrer toutes les imperfections de détail comme si elles constituaient le tout. Cet état de chose s'est exaspéré avec la montée des intégrismes et de leur discours spécial et violent.
On reproche en même temps à l'Occident de se considérer à l'origine de toute activité culturelle, philosophique et scientifique, à travers l’histoire, affirmant que la civilisation actuelle n'est que la continuation du miracle grec, négligeant et niant toute autre influence.
Les autres civilisations, l'Islam par exemple, n'ont accompli à leurs yeux, qu'une oeuvre secondaire qui n'a pas dépassé le stade de transmission, de traduction et d'interprétation du patrimoine grec.
Ajouté à cela certaines croyances qui avaient été admises comme de vraies théories scientifiques au XIX siècle et qui affirmaient la supériorité de la race arienne et ses possibilités prodigieuses et en même temps les incapacités des autres ethnies avec la race sémitique en tête.
Il reste, malgré tout, que l'orientalisme est une connaissance et une méthode qui relèvent des sciences humaines o le choix d'une méthode en générale ne peut échapper à l'idéologie; le chercheur peut croire le contraire, mais c'est la réalité. I1 ne se sent pas concerné; il analyse du dehors et ne peut en conséquence saisir profondément le système étranger qu'il étudie.
I1 faut malgré tout reconnaître que ces idées - ces théories xénophobes - qui n'étaient pas de nature à plaire aux non-occidentaux, ont été réfutées plus tard par la science européenne elle-même. L'Occident les a démenties et reniées après les ravages racistes et les ardeurs belliqueuses dont il a souffert en premier lieu, dans la première moitié de ce siècle.
On peut craindre, aujourd'hui qu'à cause de l'emprise médiatique, la recherche scientifique ne sacrifie ses exigences d'honnêteté et de rigueur au profit de l'impératif de l'information et de la communication immédiate. On peut craindre aussi de voir le discours scientifique rejoindre sur les mêmes thèmes le discours médiatique, bien que les principes et méthodes d'analyse soient dans les deux cas différents.
Le discours médiatique est srement le plus largement lu, écouté, visualisé, en tous cas, le plus présent physiquement dans l'espace culturel et donc mentalement dans les esprits, au point que sa quasi hégémonie sur les autres discours est une donnée redoutable, la plus redoutée de la circulation des idées, des images et de la diffusion de l'information. Le discours médiatique, si l'on exclut quelques cas, est généralement défavorable à l'Islam dont il donne une image plutôt négative.
La présence de l'Islam en Europe exige qu'on tienne compte :
-d'une part, de sa sédentarisation qui constitue aujourd’hui une réalité incontournable,
-de la quête de sa légitimation, revendication bien affirmée aussi et dont la reconnaissance par les pays d’accueil ne peut signifier qu'une organisation mieux contrôlée d'une communauté et une gestion mieux maîtrisée de ses besoins et ses problèmes sociaux, cultuels et confessionnels;, ce qui représente pour ces pays une occasion propice à la fois pour une meilleure compréhension d'eux-mêmes, et en même temps d'une meilleure connaissance de l'Autre.
d'autre part, de la dispersion géographique et de l'hétérogénéité ethnique et nationale de la population musulmane d'Europe : il ne peut y avoir d'insertion sans accommodements légaux particuliers, sans droits spécifiques, sans législations nationales qui permettant à l'Islam - et c'est une chance pour lui - d'évaluer sa force d'adaptation et sa capacité à l'évolution.
C'est de cette double épreuve inéluctable et définitivement engagée, reconnaissance par l'Europe de l'Islam et capacité de l'Islam à s'adapter au contexte européen que dépend l'avenir des relations entre eux.
Qelles propositions peut-on aujourd'hui faire pour que cette épreuve n'engendre pas chez les uns et les autres, les réactions les plus extrêmes parce que les plus désespérées?
Il faudra simplement que les uns et les autres dans les mêmes élans et avec la même volonté, consentent les efforts nécessaires à regarder l'Autre "d'un peu plus près", c'est-à-dire un peu plus en profondeur pour tenter de le comprendre et en le comprenant de se préparer à l'accepter et donc à le respecter.
Tout l'avenir d'une rencontre, d'une interaction fortuite ou voulue d'éléments différents, dépend de la disposition ou non disposition de ces éléments à former, au lieu de kystes indépendants, un bloc uni et divers.
Dans le cas précis qui nous intéresse, la disposition à la compréhension, au rapprochement; au dialogue n'est pas de l'ordre du naturel mais procède bien de l'éducation et de la formation du citoyen. C'est l'éducation au sens large qui forge le citoyen, le prépare à affronter les difficultés de la vie, à résoudre les problèmes, à gérer les conflits qui l'opposent à un autre citoyen ou à un groupe de citoyens. C'est par elle qu'il apprend en même temps que le sens, les modalités du dialogue, de la négociation, du consensus.
Le besoin d'explication, la demande de connaissance que suscite l'Islam aujourd'hui en Occident autant du côté des jeunes issus de l'émigration que dans la population de souche occidentale, sont sans commune mesure avec la place réservée à l'Islam dans les programmes scolaires.
L'éducation constitue le premier et le plus important des lieux de socialisation et de discours appropriés dans ce domaine; l'école, la famille, la rue et son spectacle, les associations, les médias, tout participe par delà les savoir inculquer, à travers les informations à transmettre, à former l'enfant; l'adulte, à l'aider à "vivre ensemble" avec les autres, à ne pas s'enfermer dans ses idées et se retrancher derrière ses croyances.
C'est donc à ce niveau qu'il devient nécessaire de porter l'effort de réflexion, multiplier les actions pour éviter que s'installent les préjugés, que se développent les tendances à la supériorité et à la domination, pour que "dans la tête" ne germent les idées, pour que "dans le coeur" ne naissent les sentiments qui, les unes comme les autres, convergent vers l'intolérance et vers l'exclusion.
L'éducation moderne doit créer chez le citoyen cette motivation d'établir des relations avec les autres en s'inscrivant dans les perspectives les plus lointaines et dans un espace qui se confond avec les limites de la planète, une planète o les frontières sont de moins en moins étanches et o les mouvements de populations ont déjà créé des brassages culturels et biologiques et donné des sociétés politiquement unies, même si linguistiquement et culturellement elles sont hétérogènes. Maintenant dans quels termes, peut-on envisager l'avenir?
-En termes d'accommodation? ou acceptation par les deux parties d'une situation aujourd’hui conflictuelle où l'Islam continue à revendiquer sa légitimité, à militer pour des droits spécifiques. - En termes d'intégration? qui implique à terme un relâchement des liens communautaires originels au profit d'un sentiment d'appartenance nationale de plus en plus fort.
-En termes d’assimilation?, processus d'intégration qui conduirait ,
des générations entières de jeunes, d'origine musulmane, à adopter les schémas et modes culturels dominants, à perdre tout sentiment d'appartenance à la communauté des parents à laquelle on ne devrait plus-d'aucune manière-allégeance.
On peut aisément comprendre que les musulmans installés en Europe cherchent plutôt à s'insérer dans les sociétés d'accueil, convaincus qu'un tel processus implique une double démarche : la leur propre et celle des sociétés d'accueil.
A la communauté des musulmans, il appartient de se doter pour sa reconnaissance de moyens légaux, pour ses relations avec les autres, de structures démocratiques autorisées, de tracer, en somme, une politique de l'insertion qui; en s'appuyant sur le passé, s'inscrit dans l'avenir.
Les rapports entre musulmans et européens ne doivent pas se réduire à un conflit entre les prescriptions de l'Islam et les lois des pays d'accueil. Ils doivent, au contraire, être envisagés comme des rapports entre des communautés d'êtres humains, interagissant selon ce qu'ils sont vraiment et non selon ce qu'ils paraissent être les uns pour les autres, sans perdre de vue que les musulmans sont des monothéistes à qui leur religion enseigne la tolérance, la générosité, le respect de l'Autre tel qu'il a plu à Dieu de 1e créer.
Le monde musulman étant en quête d'un statut de régulation des changements qu'il vit et subit et des bouleversements qu'il tend à maîtriser, les questions principales restent donc les suivantes :
-Comment assurer la permanence des valeurs islamiques propres qui constituent la force motrice majeur de la religion?
-Comment assurer aussi la permanence de la culture islamique à travers l'imaginaire, la créativité et la langue?
-Comment construire une société nouvelle de connaissance et de communication? -Comment vivre et coexister avec les différentes civilisations et les différentes spiritualités, dans la paix, la tolérance et le respect mutuel?
-Comment vivre la modernité sans perdre ses valeurs spirituelles propres?
-Comment enfin et surtout faire de l'Islam une idée neuve dans le monde d'aujourd'hui, en perpétuel changement?
L'avenir de l'Islam modernisé en Occident, son insertion souhaitée dépendent à la fois de :
-La communauté musulmane, de sa capacité de s'adapter en se structurant, en s'institutionnalisant à un espace étranger, de sa capacité d'agir sur les représentations qui en donnent aujourd'hui une image négative.
-De la capacité des sociétés d'accueil d'assumer une différence en ajustant leurs valeurs dans ce domaine et leurs lois dans le sens d'une plus grande tolérance et au profit d'une reconnaissance, d'une acceptation de l'autre et d'une convivialité nécessaire.
L'avenir de l'Islam se dessine déjà à travers cette double épreuve qui sera sûrement pour les uns comme pour les autres, la plus grande leçon de l'histoire contemporaine qui aura privilégié, encore une fois, la paix et la tolérance par le dialogue constructeur, créatif et bénéfique pour l'humanité entière.
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